Cette décision a été annoncée à l'issue d'une audience marquée par des échanges vifs et une confusion sur l'organisation de la défense de l'accusé.
Le journaliste jugé pour violences contre une automobiliste a affirmé qu'il était "victime d'un traquenard" posé, selon lui, par la police politique en raison de ses écrits contre le régime du
président Zine El Abidine Ben Ali.
"Je suis la victime et non l'accusé dans cette affaire entièrement montée par la police politique", a-t-il répondu au juge, qui l'interrogeait sur les charges retenues à son encontre.
Ecroué depuis le 29 octobre, Taoufik Ben Brik (Zoghlami), 49 ans, était jugé pour "faits de violence, outrage public aux bonnes moeurs et dégradation volontaire des biens d?autrui" sur la base
d'une plainte déposée contre lui par Rym Nasraoui, une femme d'affaires de 28 ans.
Celle-ci l'accuse d'avoir délibérément embouti sa voiture, de l'avoir frappée et injuriée devant deux témoins.
L'avocat de cette femme, absente à l'audience, a affirmé que celle-ci n'avait "aucun lien avec la police ni avec la politique", écartant le fait que sa cliente, "représentante d'une société
suisse", ait pu être manipulée par la police politique.
Des avocats de la défense ont demandé la libération du journaliste et le report des débats évoquant des "irrégularités" de forme et dénonçant tour à tour "un procès d'opinion" et "une mascarade
au verdict établi à l'avance".
Des avocats français et le président de l'organisation Reporters sans frontières" (RSF) ont assisté à l'audience au palais de justice de Tunis strictement surveillé par la police.
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