Mercredi 23 décembre 2009
3
23
/12
/Déc
/2009
16:55
Une centaine de Tunisiens parmi lesquels des journalistes ont lancé jeudi un "comité national de
défense de la liberté d'expression et d'information" dénonçant "une grave détérioration" et "une mainmise du pouvoir" sur ce secteur.
AFP - le 10 décembre 2009, 22h29
Une centaine de Tunisiens parmi lesquels des journalistes ont lancé jeudi un "comité national de
défense de la liberté d'expression et d'information" dénonçant "une grave détérioration" et "une mainmise du pouvoir" sur ce secteur.
Les autorités ont démenti des "affirmations mensongères et trompeuses", nié toute entrave à la liberté
de la presse, et affirmé que ce comité était illégal.
Dans une déclaration distribuée à la presse étrangère, 100 journalistes, opposants, féministes et
défenseurs des droits de l'Homme déplorent "une grave détérioration des libertés de presse" et affirment que "l'information publique et privée est soumise aux directives et à la mainmise du
gouvernement".
Les signataires décrivent un monopole de fait de l'Etat sur le secteur audiovisuel et dénoncent la
censure des médias électroniques indépendants, ainsi que des "tracasseries policières et judicaires" contre leurs auteurs.
Ils font état notamment d'"emprisonnements, agressions, poursuites contre les journaux, saisies et
entraves à leur publication et à leur distribution".
Ils accusent le pouvoir d'avoir orchestré "un coup de force" contre le Syndicat national des
journalistes, en prélude aux élections générales d'octobre dernier, et font état d'un "durcissement de sa campagne de presse contre les opposants qualifiés de traîtres à la nation".
A travers leur comité, les signataires visent à faire "libérer les journalistes emprisonnés", à "lever
les entraves imposées aux journaux indépendants et d'opposition" et faire cesser les "campagnes de dénigrement contre les journalistes, opposants et militants des droits de
l'Homme".
Ils demandent notamment au pouvoir de permettre au Syndicat national des journalistes de tenir son
congrès "en toute indépendance" et réclament une révision rapide des "lois limitant les libertés d'opinion, d'expression et de réunion".
Les autorités ont rejeté les exigences des signataires et affirmé que leur comité n'avait "aucune
existence légale pour se poser en tuteur des journalistes qui ont leurs représentants démocratiquement élus".
Dans un communiqué transmis à l'AFP, le gouvernement dément toute entrave à la liberté de la presse.
"Cette liberté est garantie par la loi et constitue une réalité palpable à travers la publication régulière de leurs journaux par tous les partis politiques", est-il indiqué.
Il ajoute que les partis d'opposition "s'expriment en toute liberté" et affirme qu'"avec l'appui de
l'Etat, la presse a connu ces dernières années une évolution continue au plan de sa diversité".
Assurant qu'il "n'existe pas en Tunisie de journalistes emprisonnés pour leur travail ou leurs
opinions", le gouvernement estime que Taoufik Ben Brik et Zouhair Makhlouf ont été condamnés à la prison dans des "affaires de droit commun n'ayant aucun lien avec la liberté de la
presse".
Derniers Commentaires