Le journaliste et opposant tunisien Taoufik Ben Brik, condamné dans son pays à six mois de prison ferme, a observé une grève de la faim de 8 à 10 jours, qu'il a cessée lundi, mais il reste très
affaibli, a déclaré jeudi un de ses avocats.
Le journaliste a été condamné le 26 novembre dernier pour l'agression d'une femme, mais ses proches dénoncent une manipulation destinée à le faire taire, après des écrits très critiques dans la
presse française sur le régime du président Zine al Abidine Ben Ali.
Selon Me William Bourdon, un avocat présent au procès, "la famille n'a pu être en contact avec Taoufik que lundi mais n'a pas pu lui remettre ses médicaments". "Elle lui a demandé de cesser sa
grève de la faim", a-t-il ajouté, au cours d'une conférence de presse organisée à Paris par la Ligue des Droits de l'Homme (LDH).
Me Bourdon a précisé que la grève de la faim du journaliste a duré "de 8 à 10 jours".
Le journaliste, atteint d'une maladie dégénérative des défenses immunitaires, a besoin de prendre ses médicaments au quotidien, selon son entourage. Il n'avait pas revu sa famille depuis
l'audience du procès, le 19 novembre, puis a été transféré dans une prison située à plus de 100 km de Tunis, sans que ses proches en soient immédiatement informés.
D'autres avocats ayant assisté à l'audience ont dénoncé, au cours de cette conférence de presse, "un simulacre de procès" et "une procédure totalement inéquitable".
Selon eux, les avocats de la défense n'ont pu s'exprimer et ont été constamment surveillés dès qu'ils sont arrivés en Tunisie. Sur un procès-verbal la signature de M. Ben Brick a été
grossièrement imitée, a-t-il été dit.
Pour les différents intervenants, la répression des journalistes ou militants critiques du régime tunisien a franchi un "nouveau palier" et ils craignent que des journalistes tunisiens ou
franco-tunisiens vivant en France soient menacés.
"Aucun gouvernement européen, et en particulier le gouvernement français ne peut ignorer cette situation", a déclaré Michel Tubiana, président de la LDH.
Le président Nicolas Sarkozy "doit en tirer les conséquences et prendre publiquement position face à l'extrême détérioration des libertés politiques en Tunisie", a conclu M. Tubiana.
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