"Les autorités tunisiennes doivent immédiatement libérer le journaliste Taoufik Ben Brik, un opposant connu au gouvernement, et abandonner les accusations fabriquées (à son égard) qui
pourraient déboucher sur son emprisonnement pour cinq ans", demande l'organisation de défense des droits de l'homme dans un communiqué.
"Taoufik Ben Brik est poursuivi pour des accusations motivées par la politique et n'a pas bénéficié d'un procès équitable", a déclaré Malcolm Smart, directeur d'Amnesty International pour le
Proche-Orient et l'Afrique du Nord.
"C'est un prisonnier de conscience. Il doit être libéré immédiatement et sans conditions", a-t-il souligné.
Ecroué depuis le 29 octobre, Taoufik Ben Brik (Zoghlami), 49 ans, est jugé pour "faits de violence, outrage public aux bonnes moeurs et dégradation volontaire des biens d?autrui" sur la base
d'une plainte déposée contre lui par Rym Nasraoui, une femme d'affaires de 28 ans.
Le journaliste, qui doit connaître son verdict jeudi, s'est dit victime d'un "traquenard de la police" dans une affaire "entièrement montée par la police politique".
Au cours de son procès, "le tribunal n'a pas permis à ses avocats de présenter leur argumentation ou de procéder à un contre-interrogatoire des témoins", dénonce notamment Amnesty.
"Taoufik Ben Brik semble être poursuivi pour ses critiques du gouvernement et son opposition à la récente réélection, pour un cinquième mandat, du président Zine El Abidine Ben Ali", observe
Malcolm Smart.
Ce procès s'inscrit dans la lignée des problèmes subis "par ceux qui exercent leur liberté d'expression pour critiquer le gouvernement ou dénoncer la corruption", ce qui représente "une
violation grossière des obligations de la Tunisie selon les lois internationales", ajoute-t-il.
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